Saint Seiya - Shun - o4:o1 - sang
Dec. 7th, 2011 06:23 pmTitre : du sang sur les mains
Auteur :
ylg
Fandom : Saint Seiya (Les Chevaliers du Zodiaque)
Table et prompt : o4#o1, sang
Personnages : Shun, Hyoga, mention de Hades et Athena
Rating : PG~13
Disclaimer : Kurumada Masami
Notes : post-Hadès ; peut faire partie du début de ma fic longue en cours toute emmêlée ou se prendre comme un one-shotmais depuis le temps que j'en parle de cette fichue fic 'faudrait bien que j'arrive à la finir un jour !
***
Savoir s'occuper d'eux-mêmes, c'est quelque chose que tous les Saints apprennent au cours de leur entraînement. Ils l'ont vécu en petites structures, où tout le monde participait à la vie quotidienne. Ils sont aussi censés avoir appris à se fondre parmis les populations normales. Rendus à la vie civile, les ex-glorieux Bronze Saints ne sont pas complètement inaptes.
Leur éducation d'abord en orphelinat, ensuite en centres d'entraînement les rend toutefois mal à l'aise avec l'idée d'être propulsés d'un coup à une place qui pourtant leur revient d'un certain droit : celle des fils cachés, perdus et retrouvés d'un grand maître de maison, avec à leur disposition une propriété immense et une armée de serviteurs pour subvenir à leurs moindres besoins.
Très rapidement, ils se sont débrouillés pour revenir à un espace de vie à échelle plus humaine, et à y vivre en autonomie.
Qu'ils réintègrent ensuite l'univers des Saints avec une nouvelle fonction ou qu'ils rejoignent le monde « normal », cette transition les ramène dans tous les cas à une vie régulière.
Ils prennent des tours, seuls ou à deux, parfois trois, pour tout. Partager cette vie quotidienne et ses mille et une petites tâches c'est ça la vie réelle. La vie triviale...
Ce n'est pas parce qu'ils ont appris à se débrouiller qu'ils sont toujours parfaitement au point. Des petits accidents peuvent toujours se produire.
Les mille et une petites taches, aussi : la poussière de la cour de l'orphelinat, ou le rouge d'un fruit écrasé, ou encore en cuisine, un couteau dérape.
« Oh zut ! soupire Shun. J'ai du sang plein les doigts. »
La réaction de son binôme du jour est immédiate :
« Tu t'es blessé ? »
Que ce soit Hyoga aujourd'hui ou n'importe quel autre ne change rien, ils auraient tous posé la même question, et il répondra toujours de la même façon. Des blessurs, graves et superficielles, ils en ont vu leur lot...
« Ce n'est rien, juste une égratignure. C'est vraiment superficiel, je ne sens rien. Mais les doigts, ça saigne toujours beaucoup... »
Shun s'inquiète plus du sang qui tache tout, plan de travail, couteau et ingrédients, que de la blessure en soi. Il est bien placé pour savoir qu'elle n'est pas grave, mais ça n'est bien sûr pas une raison pour n'y rien faire. S'excusant encore, il laisse ce qu'il faisait pour se passer les mains sous l'eau. Il nettoie la plaie, les traces laissées... et de nouveau la plaie qui saigne encore.
Se retrouver par les hasards de la vie courante avec les mains sales, littéralement, et besoin de les laver, c'est quelque chose qui arrive aux « vrais » gens, dans cette vraie vie à côté de laquelle ils sont si longtemps restés. À moins que les vrais gens, d'en avoir l'habitude, ne soient pas si maladroits, eux ?
Et cela fait, il les contemple misérablement, comme si elles n'étaient toujours pas propres, dans une redite d'une pièce écossaise qui manque à leur culture.
C'est alors au tour de Hyoga de s'inquiéter du temps qu'il prend et de son attitude étrangement passive.
« He bien ? Tu admires tes mains ou c'est finalement plus profond que tu ne croyais ?
- J'ai du sang sur les mains.
- Évidemment, il faut faire pression sur la plaie pour arrêter le saignement. Je vais te chercher de quoi faire un pansement.
- Non, non. Enfin si, ça je sais. Mais. Je parlais... au sens métaphorique. »
Hyoga ramène son attention à ses préparations. Si c'est ça... lui aussi a besoin de se concentrer sur ce qu'il fait s'il veut éviter un deuxième accident, et la métaphore du sang sur les mains n'a vraiment rien de nouveau.
« Nous en avons tous. »
Ça devrait clore la discussion ; ne l'ont-ils pas déjà eue, à propos des contradictions de se battre pour la paix et de ce qui constitue un ennemi et sur la conclusion qu'ils ont fait ce qu'ils avaient à faire et n'ont pas de remords à avoir ?
Mais non, Shun insiste :
« J'en sens encore la brûlure sur ma main. »
Les yeux baissés vers cette main qu'il presse fort, il continue, cette fois complètement détaché de sa vie réelle.
« Je sens aussi le cou que j'ai voulu broyer, entre mes doigts. Les muscles raidis, les vaisseaux sanguins qui pulsaient, les cartilages la trachée que je n'ai pas su enfoncer. Et puis le sang...
chaud sur la peau et poisseux entre les doigts... »
Hyoga, pris au dépourvu par ce curieux revirement, repose ses ustensiles à grand bruit sur la table.
« Mais arrête ! Comment peux-tu dire des horreurs pareilles ? »
Plus curieux encore, même effrayant, le regard que Shun lui dirige, bien droit, est parfaitement clair. Il n'est pas, ou déjà plus, en pleine crise de délire ; il sait parfaitement ce qu'il dit là.
« Parce que c'est la vérité.
- Ça n'est pas la tienne.
- Mais si. »
Shun se repasse encore une fois les mains sous l'eau et rend à Hyoga son regard étonné :
« Qu'est-ce qu'il y a ? Pourquoi ne serait-ce pas la vérité pour moi plus que pour d'autres ? Croyez-vous tous que je ne sais pas ce que c'est, un combat ?
- Je n'ai jamais dit ça.
- J'ai toujours été là. J'ai toujours haï cela et peut-être ai-je toujours cherché des solutions pour l'éviter, mais au final je l'ai toujours fait. Oui, nous avons tous du sang sur les mains, vous comme moi. »
Et sans transition,
« Ah, excuse-moi ; finalement je crois que je vais quand même avoir besoin de ce pansement. Je vais chercher ça et je reviens tout de suite. »
Avant qu'il ait quitté la cuisine toutefois, Hyoga l'arrête au vol, demandant une explication.
« Mais enfin que t'est-il arrivé...
- L'Enfer. »
La réponse devrait encore être évidente :
« Nous l'avons tous vu. »
...et pourtant elle ne l'est pas. En la prononçant, Hyoga sait qu'il n'en est pas convaincu lui-même.
« Tous. L'Enfer et la représentation du Mal. Nous l'avons affronté face à face. »
Mais ils n'ont pas tout affronté ensemble, au même moment, au même endroit, et n'y ont visiblement pas réagi de la même manière...
La suite se coince dans sa gorge, comme si de nouveau, une main désolidarisée de son corps l'étranglait, une suite qu'il voudrait faire sortir mais ne peut pas :
Mais moi, de sang sur les mains... j'ai celui de la Déesse. Pas seulement mon Armure. Je l'ai blessée. J'ai blessé la Déesse et son sang a coulé sur mon corps. Je ne voulais pas et c'est arrivé quand même. Je ne voulais pas et...
le mal incarné, moi, je l'ai affronté de l'intérieur, il m'a pris mon corps de force pour accomplir ses sombres desseins, et je n'ai même pas été de taille de à le repousser tout seul – quel crime m'a-t-il fait commettre ?
Shun secoue la tête, chassant ces pensées. Il n'est pas capable, maintenant, d'assumer cette culpabilité, et ne veut pas non plus se présenter comme une victime.
C'est arrivé dans une autre vie, tout cela, n'est-ce pas ? Maintenant, ils sont censés tous passer à autre chose...
Auteur :
Fandom : Saint Seiya (Les Chevaliers du Zodiaque)
Table et prompt : o4#o1, sang
Personnages : Shun, Hyoga, mention de Hades et Athena
Rating : PG~13
Disclaimer : Kurumada Masami
Notes : post-Hadès ; peut faire partie du début de ma fic longue en cours toute emmêlée ou se prendre comme un one-shot
Savoir s'occuper d'eux-mêmes, c'est quelque chose que tous les Saints apprennent au cours de leur entraînement. Ils l'ont vécu en petites structures, où tout le monde participait à la vie quotidienne. Ils sont aussi censés avoir appris à se fondre parmis les populations normales. Rendus à la vie civile, les ex-glorieux Bronze Saints ne sont pas complètement inaptes.
Leur éducation d'abord en orphelinat, ensuite en centres d'entraînement les rend toutefois mal à l'aise avec l'idée d'être propulsés d'un coup à une place qui pourtant leur revient d'un certain droit : celle des fils cachés, perdus et retrouvés d'un grand maître de maison, avec à leur disposition une propriété immense et une armée de serviteurs pour subvenir à leurs moindres besoins.
Très rapidement, ils se sont débrouillés pour revenir à un espace de vie à échelle plus humaine, et à y vivre en autonomie.
Qu'ils réintègrent ensuite l'univers des Saints avec une nouvelle fonction ou qu'ils rejoignent le monde « normal », cette transition les ramène dans tous les cas à une vie régulière.
Ils prennent des tours, seuls ou à deux, parfois trois, pour tout. Partager cette vie quotidienne et ses mille et une petites tâches c'est ça la vie réelle. La vie triviale...
Ce n'est pas parce qu'ils ont appris à se débrouiller qu'ils sont toujours parfaitement au point. Des petits accidents peuvent toujours se produire.
Les mille et une petites taches, aussi : la poussière de la cour de l'orphelinat, ou le rouge d'un fruit écrasé, ou encore en cuisine, un couteau dérape.
« Oh zut ! soupire Shun. J'ai du sang plein les doigts. »
La réaction de son binôme du jour est immédiate :
« Tu t'es blessé ? »
Que ce soit Hyoga aujourd'hui ou n'importe quel autre ne change rien, ils auraient tous posé la même question, et il répondra toujours de la même façon. Des blessurs, graves et superficielles, ils en ont vu leur lot...
« Ce n'est rien, juste une égratignure. C'est vraiment superficiel, je ne sens rien. Mais les doigts, ça saigne toujours beaucoup... »
Shun s'inquiète plus du sang qui tache tout, plan de travail, couteau et ingrédients, que de la blessure en soi. Il est bien placé pour savoir qu'elle n'est pas grave, mais ça n'est bien sûr pas une raison pour n'y rien faire. S'excusant encore, il laisse ce qu'il faisait pour se passer les mains sous l'eau. Il nettoie la plaie, les traces laissées... et de nouveau la plaie qui saigne encore.
Se retrouver par les hasards de la vie courante avec les mains sales, littéralement, et besoin de les laver, c'est quelque chose qui arrive aux « vrais » gens, dans cette vraie vie à côté de laquelle ils sont si longtemps restés. À moins que les vrais gens, d'en avoir l'habitude, ne soient pas si maladroits, eux ?
Et cela fait, il les contemple misérablement, comme si elles n'étaient toujours pas propres, dans une redite d'une pièce écossaise qui manque à leur culture.
C'est alors au tour de Hyoga de s'inquiéter du temps qu'il prend et de son attitude étrangement passive.
« He bien ? Tu admires tes mains ou c'est finalement plus profond que tu ne croyais ?
- J'ai du sang sur les mains.
- Évidemment, il faut faire pression sur la plaie pour arrêter le saignement. Je vais te chercher de quoi faire un pansement.
- Non, non. Enfin si, ça je sais. Mais. Je parlais... au sens métaphorique. »
Hyoga ramène son attention à ses préparations. Si c'est ça... lui aussi a besoin de se concentrer sur ce qu'il fait s'il veut éviter un deuxième accident, et la métaphore du sang sur les mains n'a vraiment rien de nouveau.
« Nous en avons tous. »
Ça devrait clore la discussion ; ne l'ont-ils pas déjà eue, à propos des contradictions de se battre pour la paix et de ce qui constitue un ennemi et sur la conclusion qu'ils ont fait ce qu'ils avaient à faire et n'ont pas de remords à avoir ?
Mais non, Shun insiste :
« J'en sens encore la brûlure sur ma main. »
Les yeux baissés vers cette main qu'il presse fort, il continue, cette fois complètement détaché de sa vie réelle.
« Je sens aussi le cou que j'ai voulu broyer, entre mes doigts. Les muscles raidis, les vaisseaux sanguins qui pulsaient, les cartilages la trachée que je n'ai pas su enfoncer. Et puis le sang...
chaud sur la peau et poisseux entre les doigts... »
Hyoga, pris au dépourvu par ce curieux revirement, repose ses ustensiles à grand bruit sur la table.
« Mais arrête ! Comment peux-tu dire des horreurs pareilles ? »
Plus curieux encore, même effrayant, le regard que Shun lui dirige, bien droit, est parfaitement clair. Il n'est pas, ou déjà plus, en pleine crise de délire ; il sait parfaitement ce qu'il dit là.
« Parce que c'est la vérité.
- Ça n'est pas la tienne.
- Mais si. »
Shun se repasse encore une fois les mains sous l'eau et rend à Hyoga son regard étonné :
« Qu'est-ce qu'il y a ? Pourquoi ne serait-ce pas la vérité pour moi plus que pour d'autres ? Croyez-vous tous que je ne sais pas ce que c'est, un combat ?
- Je n'ai jamais dit ça.
- J'ai toujours été là. J'ai toujours haï cela et peut-être ai-je toujours cherché des solutions pour l'éviter, mais au final je l'ai toujours fait. Oui, nous avons tous du sang sur les mains, vous comme moi. »
Et sans transition,
« Ah, excuse-moi ; finalement je crois que je vais quand même avoir besoin de ce pansement. Je vais chercher ça et je reviens tout de suite. »
Avant qu'il ait quitté la cuisine toutefois, Hyoga l'arrête au vol, demandant une explication.
« Mais enfin que t'est-il arrivé...
- L'Enfer. »
La réponse devrait encore être évidente :
« Nous l'avons tous vu. »
...et pourtant elle ne l'est pas. En la prononçant, Hyoga sait qu'il n'en est pas convaincu lui-même.
« Tous. L'Enfer et la représentation du Mal. Nous l'avons affronté face à face. »
Mais ils n'ont pas tout affronté ensemble, au même moment, au même endroit, et n'y ont visiblement pas réagi de la même manière...
La suite se coince dans sa gorge, comme si de nouveau, une main désolidarisée de son corps l'étranglait, une suite qu'il voudrait faire sortir mais ne peut pas :
Mais moi, de sang sur les mains... j'ai celui de la Déesse. Pas seulement mon Armure. Je l'ai blessée. J'ai blessé la Déesse et son sang a coulé sur mon corps. Je ne voulais pas et c'est arrivé quand même. Je ne voulais pas et...
le mal incarné, moi, je l'ai affronté de l'intérieur, il m'a pris mon corps de force pour accomplir ses sombres desseins, et je n'ai même pas été de taille de à le repousser tout seul – quel crime m'a-t-il fait commettre ?
Shun secoue la tête, chassant ces pensées. Il n'est pas capable, maintenant, d'assumer cette culpabilité, et ne veut pas non plus se présenter comme une victime.
C'est arrivé dans une autre vie, tout cela, n'est-ce pas ? Maintenant, ils sont censés tous passer à autre chose...